Pour en finir avec nos réflexes pavloviens sur l'Arabie Saoudite


Je vis à Dubai depuis presque une décennie et, depuis près de 2 ans, je m’intéresse beaucoup à l’Arabie Saoudite. Je m’intéresse à ce qui se passe en Arabie Saoudite et je m’intéresse aussi à ce qu’on dit, en France, sur l’Arabie Saoudite.

Depuis plusieurs mois, je vois bien qu’on se trompe beaucoup sur ce qui se joue en Arabie Saoudite. Je vois toujours les mêmes articles, toujours les mêmes portraits de MBS, toujours les mêmes explications qui, pour vous le dire franchement, me semblent quand même très à côté de la plaque. Il me semble que ces articles en disent plus sur l’instinct grégaire et sur la paresse intellectuelle qui sévissent dans les médias en France, que sur l’Arabie Saoudite de MBS.

Un ami qui connait ma passion pour ce pays m’envoyait il y a quelques jours une video du Monde intitulée “Comment Mohamed bin Salman a pris le pouvoir”1, et j’ai trouvé ça navrant de bêtise. La vidéo était visiblement un peu ancienne (MBS y avait encore 32 alors qu’il a désormais 33 ans, l’àge du christ, diront certains) mais elle a été republiée récemment à l’occasion de la disparition de Jamal Khashoggi.

C’est navrant de voir qu’un journal de référence comme le Monde n’a comme seule grille d’analyse pour expliquer ce qui se passe en Arabie Saoudite, que l’ambition d’un jeune prince qui petit à petit éliminerait ces rivaux ou les ferait taire pour arriver au pouvoir.

Le Monde n’est pas le seul média à tolérer ces réflexes pavloviens, France 24 aussi, alors que pourtant c’est la voix de la France à l’étranger et qu’on pourrait s’attendre à mieux de leur part. La chaine française internationale a récemment publié un article 2 qui m’a donné l’impression d’être un medley de tous les poncifs habituels sur l’Arabie Saoudite et MBS. Tout y passe, le Yemen, le Qatar, Saad Hariri, la brutalité, Jamal Khashoggi.

Et d’ailleurs, pour en revenir brièvement à la disparition du journaliste, je pense qu'on va être surpris, je pense que l'Arabie Saoudite n'est pas impliquée dans la disparition du journaliste et j'espere que l'enquête permettra de le démontrer.

Je sais qu’on va encore m’accuser d’être payée par les Saoudiens (mon banquier pourra attester du fait que ce n’est malheureusement pas le cas), mais permettez-moi de partager avec vous mon analyse de ce qui se passe en Arabie Saoudite.

De manière générale, je l’ai déjà écrit dans un autre article3, Mohamed bin Salman n’a pas fait tout ce qu’il a fait pour devenir l’héritier incontesté au trône. Cette thèse est tout simplement ridicule pour qui connait un peu l’Arabie Saoudite. Ce sont les fantasmes que nous nourrissons sur les monarchies qui s’expriment là. Là encore, ça en dit plus sur nous, sur nos préjugés que sur l’Arabie Saoudite.

Pour MBS, prendre le pouvoir pour devenir le successeur incontesté de son père fut à mon avis d’autant plus facile qu’en réalité, personne d’autre ne voulait vraiment de ce job à haut risque. Et si MBS a voulu ce job, ce n’est certainement pas non plus par soif du pouvoir pour le pouvoir. Il aurait pu vivre une vie tranquille et anonyme, à profiter de ses millions, et le voilà qui choisit ce boulot qui le met en permanence sur la brèche. Pour un introverti comme MBS, il faut imaginer ce que ça doit lui couter au quotidien.

Il y a sans doute eu un moment au départ où les gens se sont demandés si ce jeune prince n’arrivait pas au pouvoir juste parce qu’il avait les faveurs de son père, dont il est le fils préféré. Il y a sans doute eu un moment où même au sein de la famille royale, ce choix a posé question.


Mais ce moment n’a pas duré très longtemps et il est passé depuis un moment. Entre-temps, les Saoudiens ont eu tout le loisir de voir à quel point le prince prenait sa tâche, oh combien ingrate de réformer son pays, avec le plus grand sérieux. Et s’il n’est pas parfait, il est plus qu’évident qu’il fait absolument de son mieux et qu’il ne rechigne pas non plus à reconnaître ses erreurs. Si les journaux comme le Monde faisaient leur boulot en allant parler à des Saoudiens sans préjugés, ils se rendraient peut-être compte qu’en réalité, personne ne conteste sérieusement la place à MBS. Comme je l’ai déjà dit, MBS était peut-être un peu faible au départ sur l’international, mais il se rattrappe. Il n’avait peut-être pas au départ les faveurs des intellectuels saoudiens qui lui auraient sans doute préféré un Al Faisal, il est aujourd’hui installé. Et la réalité, c’est que le contester revient à demander un changement dans l’ordre de succession saoudien qui pourrait déstabiliser le pays et avec lui, la région.

Vraiment, notre pays se distingue, je trouve, dans l’ignorance quasi forcenée que nous affichons face à ce qui se passe depuis 2 ans en Arabie Saoudite. Ca m’a beaucoup interrogée. J’en suis arrivée à voir plusieurs raisons à cela.

D’abord parce que nous avons développé depuis des années, à l’égard de ce pays, un certain nombre de réflexes pavloviens qui ne sont aujourd’hui plus justifiés mais qu’on conserve par ignorance, par paresse intellectuelle, dans l’incompréhension de ce qui est en train de se jouer en Arabie Saoudite. Même nos experts sur le Moyen-Orient sont à l’occasion victimes de ces réflexes pavloviens. Quoique fasse l’Arabie Saoudite, ce sera toujours mal, mets-toi ça bien dans la tête, cher lecteur.

Nos journaux aussi, ne donnent pas la parole à des voix comme la mienne qui expliquent et donc d’une certaine facon, défendent l’Arabie Saoudite, parce que nous, en France, nous sommes pris dans ce mouvement que personnellement, je trouve malsain, où il faut absolument critiquer le système, et dénoncer les élites et, notamment, les puissances de l’argent. Je regrette de le dire mais un journal comme Mediapart semble s’en être fait une spécialité. Et si certains méfaits de nos élites doivent effectivement être dénoncés (le rôle de Nicolas Sarkozy dans le déclenchement de la guerre en Libye par exemple), je trouve ça quand même étrange d’en faire un fonds de commerce.

On n’y comprend rien aussi, il faut bien l’avouer, parce que l’Arabie Saoudite a pris l’habitude de voir ces réflexes pavloviens. J’ai le sentiment qu’ils s’en accomodent. Ils ont à mon avis perdu l’espoir d’arriver à nous convaincre de leur bonne volonté. Pour l’essentiel, je crois qu’ils ont même arrêter d’essayer.

Et puis je crois aussi qu’il y a des choses que le pouvoir saoudien ne veut pas dire, même si elles clarifiraient la situation pour nous, simplement parce que ça nuirait à la cohésion de la société saoudienne. Je vais revenir sur ce point.

Les Saoudiens en sont sans doute à espérer que nous comprenions de nous-mêmes, mais ils doivent être bien déçus de nos capacités d’analyse et de compréhension. Nous, nous en sommes toujours aux réflexes pavloviens et en bons Gaulois, on est très fiers de nos réflexes pavloviens, ils nous renforcent dans nos certitudes d’être un peuple supérieur qui défend la veuve et les opprimés. Pays des droits de l’homme, tout ça.

Personnellement, je trouve cette condescendance absolument insupportable, à l’égard des Saoudiens, mais aussi dans ce qu’elle traduit d’une paresse intellectuelle, d’une suffisance, dont je ne veux pas pour mon pays.

Il faudrait penser à veiller à se remettre en question de temps en temps.

Je lisais par exemple un article du Monde sur la disparition de Jamal Khashoggi4. L’article faisait état du fait que les proches du journaliste restés en Arabie Saoudite déploraient le fait que des “parties étrangères politisent [cette] disparition”. Le journaliste n’a pas pu s’empêcher d’ajouter que “la liberté de parole de ces deux personnes qui résident à Djedda, dans l’ouest du Royaume Saoudien, est sujette à caution.”

Ca m’a fait rire.

J’avais envie de dire, Erdogan a fait arrêté des miliers de personnes, MBS quelques uns, et vous pensez peut-être que la parole est plus libre en Turquie ? Et pourtant dans cet article, on ne met jamais de bémol sur la version des faits côté turc.

Réflexe pavlovien.

Depuis des mois, j’observe l’étendue de nos réflexes pavloviens à l’égard des Saoudiens. J’en observe la teneur et pour suivre de près ce qui se passe en Arabie Saoudite, j’en arrive à la conclusion que la plupart sont le fruit de nos préjugés, de notre manque d’ouverture d’esprit et de notre ignorance.

Passons les plus fréquents en revue.

On reproche aux Saoudiens la guerre au Yemen. J’ai déja écrit un article sur ce sujet5, mais après tout, je veux bien y revenir. La guerre au Yemen est une guerre, meurtrière comme toutes les guerres, mais c’est une guerre juste. L’Arabie Saoudite n’est pas une démocratie, on le leur reproche assez, mais ils sont entrés en guerre au Yemen, après avoir soutenu des négociations entre ceux qui sont aujourd’hui les belligérents, à la demande d’un président qui a été élu démocratiquement.

Cette guerre qui dure effectivement depuis plus de 3 ans a fait environ 10 000 morts. Entendons-nous bien, chaque guerre est une défaite de la diplomatie, et chaque mort parmi les civils est une tragédie. Mais 10 000 morts en 3 ans, si on les compare au demi-million de gens qui ont perdu la vie en Syrie, ça reste peu de choses. D’ailleurs la précédente guerre civile au Yemen, en 1986, avait fait entre 4 000 et 10 000 morts, alors qu’elle n’a duré que 11 jours.

Surtout, il me semble qu’il faut revenir à l’esprit de cette guerre et sur ce point, j’aurais l’honnêteté de dire que je n’ai que des intuitions. Le Yemen est un pays qui a beaucoup souffert, bien avant le début de l’intervention de la coalition menée par l’Arabie Saoudite. C’est un pays qui n'a jamais trouvé une réelle stabilité depuis la décolonisation, un pays qui n’a été réunifié qu’en 1990 et qui a continué, même après sa réunification, à subir des tensions de type idéologique entre le sud du pays, ancienne colonie britannique, et le nord, auxquelles sont venues s’ajouter des revendications tribales.

Pendant 20 ans, l’homme fort du pays, Ali Abdallah Saleh a tenu le pays d’une main de fer, mais au détriment, sans doute, du développement économique du pays qui est malgré des atouts culturels et touristiques, de loin le pays le plus pauvre de la péninsule arabe (avec un PIB de 2500 USD par habitant).

J’ai le sentiment que l’Arabie Saoudite est entrée dans ce conflit aux cotés de ceux parmi les Yemenis qui ne se satisfont pas de voir le sous-développement de leur pays. Et ils sont opposés à des gens, les Houthis qui, sans doute par radicalisme religieux, semblent vouloir que le Yemen reste un pays traditionnel, fermé, hostile à l’Occident (la devise des Houthis est “Dieu est le plus grand, Mort à l’Amérique, Mort à Israel, Maudits soient les juifs, Victoire à l’Islam”) et dominé par une économie de subsistance.

Peut-être que dit comme ça, on comprend mieux que les Saoudiens qui culturellement aussi proches des Yemenis, que nous des Belges, et qui vivent depuis des années avec un Yemen instable à leurs portes, alors que l’une des principales routes d’approvisionnement de l’Arabie Saoudite passe justement par le golfe d’Aden au large du Yemen, soient intervenus dans cette guerre civile pour combattre ce radicalisme politico-religieux qui nuit en effet au développement de la région.

Aux Saoudiens, on reproche aussi les arrestations de militants des droits de l’homme. J’ai écrit un article entier sur Raif Badawi6 et pour le reste, je constate souvent qu’entre ce que je peux arriver à comprendre de la réalité en Arabie Saoudite et la façon dont on en parle dans les médias français, il y a souvent un décalage assez important.

Au fil de mes recherches, j’ai appris par exemple de différentes sources que les prisons saoudiennes ne ressemblent pas aux nôtres. Certains détenus semblent y bénéficient d’une certaine liberté de mouvement, et peuvent faire l’objet de permissions qui sont d’autant plus facilement accordées s’ils ne font pas de vagues.

Ainsi, il y a quelques semaines, je me suis inquiétée du cas d’Ali Al Nimr, le neveu du leader chiite Nimr Al Nimr qui a été éxécuté en 2012, au moment où son neveu était lui aussi condamné à mort. Mes contacts saoudiens ont été étonnés de cette question. Ils m’ont dit qu’Ali Al Nimr allait très bien, ils m’ont dit que ça ferait du bruit en Arabie Saoudite s’il lui arrivait quelque chose. Quelqu’un m’a envoyé une photo d’Ali souriant prise lors d’une récente permission apparemment. Ca montre bien, à mon avis, le biais des médias français qui s’arrêtent d’autant plus facilement aux seules nouvelles alarmantes qui peuvent arriver d’Arabie Saoudite, que ces nouvelles confirment nos préjugés.

Cela dit, les Saoudiens, c’est évident, sont chatouilleux sur certains sujets. Ils disent et répètent que certaines des personnes qui ont été arrêtées récemment ne le sont pas du fait de leur militantisme mais parce qu’elles ont été payées pour voler des informations et les transmettre à des puissances ennemies (le Qatar et l’Iran). Comme je connais par ailleurs quelques militantes féministes qui ne sont pas du tout inquiétées et qui semblent au contraire être soutenues par les autorités, ces accusations me semblent plausibles, comme il me semble plausible dans le contexte politique actuel, que la transmission de données à ces pays puisse effectivement vous attirer de sérieux ennuis.

En dehors de ça, on reproche aux Saoudiens le financement de mosquées et d’écoles coraniques radicales aux quatre coins du monde. Réflexe pavlovien. Bien sûr, les Saoudiens ont à un moment donné de leur histoire financé des mosquées radicales, comme nous, nous avons à un moment donné de notre histoire, pratiqué la torture à des fins politiques. Mais justement, toute la politique de MBS repose sur le fait de couper l’herbe sous le pied des religieux radicaux de tout poil. Pour le dire autrement, l’Islam politique, je pense que c’est davantage le dada d’Erdogan que celui de MBS.

Alors bien sûr, on ne peut pas exclure que certains Saoudiens et même peut-être des membres de la famille royale, puissent encore, à titre individuel, financer des écoles coraniques radicales. La famille Saoud a, comme toutes les familles, ses moutons noirs. Mais l’Arabie Saoudite en tant que pays, vraiment ça m’étonnerait. Tout le différend avec le Qatar repose justement sur le fait que l’Arabie Saoudite trouve son voisin trop tolérant avec les radicaux et notamment, trop peu regardant sur le financement de certaines organisations radicales. Les Emirats qui sont sur ce sujet comme sur d’autres, le modèle pour l’Arabie Saoudite de MBS, ont mis en place des mécanismes de contrôle. Certains aux Emirats sont même allés en prison quelques temps, pour avoir organisé, bien innocemment à mon avis, des collectes de fonds pour des associations humanitaires.

En réalité, MBS est, depuis 2 ans, en train de faire prendre un virage à son pays. Il a fait arrêter les princes au Ritz non pas parce qu’ils le menaçaient son autorité, non pas pour se dégager la voie vers le pouvoir (elle était dégagée depuis un moment), mais pour envoyer un message fort aux puissants, et à travers eux, à tous, que la corruption c’est fini. Il avait analysé avec son père que la corruption siphonnait les ressources du royaume et devenait insupportable à l’heure où une gestion plus serrée des ressources était nécessaire.

Cet homme est en réalité en train de mener une révolution tranquille et si on le comprenait, on l’y aiderait.

En réalité, j’ai le sentiment depuis quelques semaines que ce qui se passe en Arabie Saoudite, c’est un peu la même chose que ce qui s’est passé au moment de l’effondrement du communisme en Europe de l’Est, à la différence que nous, Européens, nous ne voyons rien, nous ne comprenons pas ce qui se passe en Arabie Saoudite car nous avons ces réflexes pavloviens et puis aussi parce que facialement, rien n’a changé, les Saoud sont toujours au pouvoir.

C’est vrai les Saoud sont toujours au pouvoir, mais en réalité, beaucoup de choses ont changé en Arabie Saoudite. Le roi et le prince héritier ont pris des mesures qui ont sensiblement changé la vie des Saoudiens. La police religieuse, en particulier, a été dépouillée de son pouvoir. A ma connaissance elle existe toujours mais ils n’ont plus le droit d’intervenir directement. En cas d’infraction constatée, ils doivent faire appel à la police régulière qui est seule abilitée à intervenir. Pour l’Arabie Saoudite, le changement est énorme.

Et pour le reste, toutes les choses auxquels les religieux radicaux s’opposaient depuis des années (le droit de conduire pour les femmes, les cinémas, les concerts...) tout ça, c’est en train d’arriver, à la grande joie des Saoudiens dans un large mouvement d’enthousiasme dont on voit mal comment il pourrait être remis en cause.

Les rois précédents avaient préparés le terrain, en envoyant des hordes de Saoudiens et de Saoudiennes faire des études à l’étranger, en construisant des universités comme la King Abdullah University for Science and Technology. Les jeunes femmes sont désormais majoritaires parmi les étudiants du pays. Il est évident que le pays ne formait pas une génération de jeunes femmes, pour ne pas leur offrir la possibilité de travailler.

Mais il fallait quand même quelqu’un pour faire la bascule et pour gérer ce moment où l’Arabie Saoudite allait rompre avec son ultra-conservatisme. C’est ce que font MBS et son père, le Roi Salman, et ça me semble être un sacré coup de force.

Ce qui nous voyons en réalité en Arabie Saoudite, c’est une révolution qui ne dit pas son nom. Une révolution qui vient du sommet, une révolution avec finalement très peu de dommages collatéraux. Les arrestations qui ont eu lieu avaient vocation, à mon avis, à affirmer l’autorité de la monarchie, à la fois face aux forces très conservatrices du royaume, mais aussi face aux forces qui demandaient des changements si rapides qu’ils auraient menacé la cohésion de la société.

Il me semble que c’est là la priorité de MBS et la bonne grille d’analyse pour sa politique. Il veut opérer ces changements profonds et en même temps, il veut s’assurer de ne pas perdre le contrôle pour sauvegarder la cohésion de la société saoudienne. Son souci, à mon avis, est moins de se protéger lui-même que de montrer que face aux tentations de retour en arrière, comme face aux revendications de réformes trop rapides, sa main ne tremblera pas.

Et c’est sans doute, pour ne pas faire perdre la face à la partie la plus conservatrice de la population saoudienne que MBS et le roi Salman n'insistent pas davantage sur l’esprit de ces réformes même s’il a dit il y a un an déjà que son pays n’allait pas passer encore 30 ans à se demander si la musique, c’est acceptable... "Nous allons revenir à un islam modéré, un islam qui est ouvert sur le monde et sur les autres religions" 

Que peut MBS contre le fait que nous doutons de sa sincérité, contre le fait que nous pensons qu’il dit ça juste pour attirer des investisseurs ? Les Saoudiens, dois-je rappeler, ne sont pas cyniques. Le cynisme est culturellement une attitude qui leur est même assez largement étrangère. La révolution de MBS est une révolution visant à en finir avec l’ultra-conservatisme religieux, mais dans cette révolution, MBS entend conserver la main sur le rythme face aux inquiétudes d’une partie du peuple saoudien devant tous ces changements.

Peut-être aussi se disent-ils, et ils n’ont pas tort, que quoiqu’il arrive, nous en Occident, nous trouverions à y redire. MBS l’a dit récemment dans une longue interview à Bloomberg, il fait ce qu’il a à faire, sans se préoccuper de ce qu’on pense de lui à l’étranger.

Ca me navre de voir que nous ne comprenons pas ça.

Ca me navre aussi de voir que les Saoudiens adorent Trump, Trump les prend un peu pour des pigeons, mais ils l’adorent. J’ai compris récemment qu’ils adorent Trump par contraste avec Obama qu’ils détestent. Mais ils adorent aussi Trump c’est parce qu’il est le seul parmi les grands dirigeants occidentaux qui leur donne le sentiment de les prendre au sérieux et qui traite avec eux sans faire la fine bouche.

Vraiment, il serait temps que la France ouvre les yeux sur ce qui est en train de se passer en Arabie Saoudite, par intérêt peut-être, mais surtout, à mon avis, par humanité.



PS si des imprécisions s’étaient glissées dans mon article, je m’en excuse. Personne ne me paie pour écrire ces articles, personne ne les relit et personne ne corrige non plus les imprécisions éventuelles.

1  https://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2018/10/08/arabie-saoudite-comment-mohammed-ben-salman-a-pris-le-pouvoir_5366320_3218.html
2  https://www.france24.com/fr/20181009-turquie-affaire-jamal-khashoggi-arabie-saoudite-prince-heritier-mohammed-ben-salmane-mbs
3  https://vudugolfe.blogspot.com/2018/07/tu-seras-roi-mon-fils.html
4  https://www.lemonde.fr/international/article/2018/10/08/la-disparition-du-journaliste-saoudien-jamal-khashoggi-embarrasse-ankara-et-washington_5366130_3210.html
5  https://vudugolfe.blogspot.com/2018/04/2-3-choses-que-javais-envie-de-vous.html
6  https://vudugolfe.blogspot.com/2018/08/pourquoi-le-saudi-bashing-ne-fait-pas.html

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