Mon amie Noor
Je suis ce qu’on appelle desormais une Gauloise, Chrétienne de formation. Je vis à Dubai depuis presque 10 ans. En presque 10 ans, des voiles, j’en ai vu
des paquets. Mais on pourrait dire, même si ce n’est pas tout à fait vrai, que c’est ce jour-là, avec ce voile bleu marine que tout avait commencé.
Pour être honnête, j’ai longtemps cru que ce voile avait été noir, mais elle m’avait dit récemment qu’il avait été bleu marine.
“It’s impossible it was black, I don’t have a black scarf.”1
Elle, c’est ma meilleure amie. Elle s’appelle Noor, elle est syrienne. C’est ma meilleure amie aujourd’hui, mais à l’époque, c’était
une stagiaire de l’agence. La stagiaire de l’agence qui se promenait avec une abaya noire et un voile, bleu marine donc.
Même à Dubai, ce n’est pas commun, une fille habillée comme ça dans une agence digitale. Pourtant l’honnêteté me pousse à dire
que je ne l’avais pas remarquée jusqu’à ce jour-là. Ca faisait déjà quelques années que je vivais à Dubai, mon oeil s’était habitué à
voir ces masses noires dans mon champ de vision, je ne faisais plus attention, c’est vraiment une question d’habitude. Et puis à l’agence, j’avais trop de boulot pour m’attarder aux stagiaires.
Ca défilait tellement, c’est triste, mais je ne me donnais même plus la peine d’essayer de retenir leur prénom.
Mais cet après-midi-là, elle m’a tapée dans l’oeil, la petite. J’étais sur le point de partir en vacances. J’emmenais mon fils à
Bruxelles où j’avais de la famille et à Amsterdam où ma soeur devait nous rejoindre. Cet après-midi-là, Noor entendant que j’allais à Amsterdam, s’était penchée
sur mon bureau et elle m’avait dit “Are you going to smoke joints in Amsterdam?”2 J’avais levé la tête de mon ordinateur, et je l’avais vue, ce grand sourire, cet air de malice.
Je ne sais pas si vous vous imaginez bien la scène. J’avais entendu cette phrase “Are you going to smoke joints in Amsterdam?” et puis j’avais levé la tête et j’avais vu cette masse noire, avec au milieu ce visage qui me souriait.
J’avais eu l’impression d’un décalage sérieux entre le son et l’image. A l’époque, je n’imaginais pas qu’une fille habillée comme ça pouvait dire
ça. Autant vous dire, j’ai adoré. Je me suis dit que cette stagiaire n’était pas ordinaire.
Par la suite on est devenues amies et le voile a toujours été un sujet entre nous. J’ai eu avec Noor des conversations qu’on ne peut avoir qu’avec quelqu’un
dont on sait qu’elle ne vous juge pas. Un jour, je lui ai demandé pourquoi elle priait 5 fois par jour. Pourquoi pas quatre, pourquoi pas six? Moi je crois en Dieu et pourtant, je ne le prie jamais, je ne crois
pas que ce soit particulièrement comme ça que Dieu fonctionne. On avait eu cette conversation.
Un jour, j’avais posté par inadvertance sur Instagram des photos de nous, d’une raclette qu’on avait faite à la maison (option dinde à la place du
jambon). On la voyait sans son voile, et elle m’avait demandé de les retirer fissa. Je m’étais exécutée fissa, par respect pour elle mais en me disant quand même que je répondais
à une demande dont je ne comprenais pas entièrement la logique à vrai dire.
Et puis, on avait assez discuté du voile quelques fois. J’avais voulu savoir pourquoi elle le portait. C’était difficile pour moi de comprendre pourquoi
une fille comme elle portait le voile, pourquoi elle s’acharnait à le porter, y compris quand elle était partie à l’étranger, malgré le fait que ça nuisait à la
santé de ses cheveux, malgré ce que ça lui coutait socialement et professionnellement parlant. Elle savait bien qu’il y avait des gens qui n’arrivaient pas à voir au-delà du voile.
Elle m’avait expliqué. On en avait longuement parlé. Ses arguments ne me convainquaient pas mais j’en comprenais la logique. Le voile pour elle fait partie d’un
tout, d’une sorte de discipline de vie, d’un package qu’il lui importe de prendre dans son intégralité. A l’époque, ça m’avait fait penser à Laure Manaudou et ce qu'il fallait pour arriver à être une nageuse de son niveau.
C’est la même discipline, le même cadre, la même rigidité. Un concept qui m’était étranger. J’avais 40 ans passés, et j’oubliais régulièrement
de me brosser les dents avant de me coucher. J’ai pourtant grandi dans une forme de rigidité mais toute ma vie d’adulte n’avait été qu’un long chemin pour connaître la joie,
la liberté, une certaine forme de laisser-aller, un hédonisme. Comme disait Katherine Hepburn “If you follow all the rules, you miss all the fun.”3
Pendant un temps, on n’avait plus parlé du voile.
A un moment à cause de l’actualité en France, on en avait reparlé. Noor était tombée sur Twitter sur une déclaration de Laurence Rossignol
sur le voile. Elle ne comprenait pas comment une ministre de la république francaise, une femme pouvait dire des choses pareilles. Je lui avais expliqué du mieux que je pouvais. Je lui avais expliqué qu’en
France, certaines personnes pensaient que les femmes se mettaient le voile parce que les hommes exigeaient ça d’eux, que pour eux le voile était le signe de l’oppression des femmes. Noor avait plissé
les yeux, il y avait visiblement quelque chose qui lui échappait, un truc qui ne collait pas. “Mais c’est impossible, me dit-elle. Dans le Coran, c’est écrit que personne ne peut décider
à la place d’une femme comment elle doit s’habiller.” J’avais haussé les épaules et coupé court à la conversation. Je vivais à Dubai depuis trop longtemps,
je fréquentais trop de Musulmans pour défendre ou même essayé d’expliquer un discours sur le féminisme que je trouvais moi-même simpliste et condescendant.
Et puis il y avait eu cet incident. On s’était vues et elle m’avait raconté. Elle n’était alors plus stagiaire, on l’avait embauchée.
Dans cette nouvelle boîte où j’avais moi-même travaillé, elle avait bien sentie que l’abaya noire ne passerait pas. Elle avait investi pour s’acheter des nouveaux vêtements.
J’avais découvert la modest fashion. Parfois je la regardais et je lui disais que telle ou telle pièce ne lui allait pas du tout. Globalement,
j’avais souvent l’impression que ça tenait plus de l’accoutrement que de l’effort vestimentaire, mais comme je savais que ce n’était pas vraiment son choix, j’évitais
d’en faire des caisses, sauf quand c’était vraiment insupportable.
Et puis un jour, elle m’avait parlé de cet incident, au boulot. Ca s’était passé le dimanche après son déménagement. Noor avait déménagé
avec toute sa famille. Déménager la cuisine de sa mère aurait pu être un projet en soi. Ils y avaient passé le week end. Et le dimanche, quand vint l’heure de retourner au boulot après
un week end qui n’avait rien eu de reposant, elle avait peiné à mettre la main sur un ensemble à peu près coordonné. Elle s’était dit que l’abaya, ça irait
plus vite et que pour une fois, ça passerait. On vit à Dubai quand même.
Elle était arrivée au bureau et tout de suite, un de ses collègues avait fait une remarque. Un autre avait enchéri. Ca lui avait pourrit sa journée. Je vous traduis.
- Eh ben, qu’est ce qui t’arrive ? De quoi tu fais le deuil ?
- Mais de son intelligence !
Rires gras. Je suppose qu’ils avaient été fiers d’eux.
Elle m’avait raconté ça sur un ton neutre, mais tout de suite, la colère m’était montée au nez. J’avais eu envie d’aller faire
une descente dans le bureau en question et de leur hurler dessus jusqu’à ce que ça me soulage. C’était invraisemblable d’entendre des trucs pareils. A Dubai !
C’est Noor qui m’avait calmée. Laisse tomber, c’est des cons, m’avait-elle dit en substance.
J’ai quand même du mal à rester calme quand j’y repense. Faut voir que Noor, c’est la meuf dont le père a croupi dans les geoles des Assad pendant 10
ans, c’est la meuf qui, adolescente, a vu son père mourir d’un cancer alors qu’il venait tout juste de sortir de prison. Son frère aussi est mort d’un cancer. C’est dingue tous ces
cas de cancer dans une famille où ils mangent aussi sainement. Noor c’est la meuf, petite dernière de la famille, qui subit toutes les névroses que cette vie a laissées chez sa mère.
C’est la meuf qui, un jour ordinaire, m’a envoyé en pleurant des photos d’un gros tas de cailloux, la maison de son enfance que l’armée de Bashar venait de réduire en terrain vague
avec un gros monticule au milieu.
Tout ça pour que ces mecs viennent faire un bon mot sur son intelligence juste parce que pour une fois, elle avait remis son abaya. Ca m’avait mise hors de moi, c’est
pas possible d’entendre des trucs pareils.
Noor, vous voyez, c’est le genre de meuf qui un jour dirigera un grand cabinet de conseil ou une banque d’affaires, j’en fais le pari. C’est ce genre d’intelligence.
Elle n’a rien à faire avec ces médiocres, je le lui ai toujours dit, mais quand on est syrien, on n’a pas toujours le luxe de faire la fine bouche sur le marché du travail. Et je suis bien
placée pour savoir le prix qu’elle paie, même à Dubai, pour porter une abaya et le voile. Je l’avais aidée pour postuler dans tous les grands cabinets de conseil, c’est là
qu’elle avait sa place, mais ils ne l’avaient même pas reçue. Elle n’avait pas les moyens de faire un MBA et je pensais qu’au fond, elle n’en avait pas besoin. Elle avait juste besoin
de trouver un mentor, quelqu’un qui était déjà dans la place et qui voyait ses capacités comme moi je les vois.
Pendant l’été, Noor avait appris que le Canada lui offrait enfin un visa de résidence. Dès mon retour à Dubai, elle m’avait réquisitionnée
pour l’aider à faire le tri de ses vêtements, pour assortir des tenues. On y avait passé trois samedis entiers, du matin jusqu’à minuit passé. C’était une catastrophe.
Elle avait acheté des vêtements en prévision de son départ mais au fond, pas grand chose n’allait.
C’était un phénomène que je connaissais assez bien par ailleurs. Je passais ma vie à observer les dirigeants saoudiens dans l’espoir de devenir leur
communicante, je voyais bien que quand on avait passé sa vie à porter une tenue traditionnelle, tout ce cirque qui consistait à assortir les coupes, à choisir les bonnes couleurs et à agrémenter
avec les bons accessoires, tout ça n’allait pas de soi. Et le fait d’avoir les moyens n’y changeait rien. J’avais hurlé plus d’une fois en voyant le prince hériter saoudien
habillé comme l’as de pique. Cette photo de lui sur la grande muraille de Chine, au se-cours, même les Roumaines dans le métro sont mieux sapées. Quant à Noor, elle aimait les couleurs
pastels, mais les couleurs pastels n’aimaient pas Noor en retour.
Ca m’avait beaucoup attristée de la voir partir, mais c’était une chance pour elle. Je n’avais pas mis les pieds au Canada depuis bientôt 30 ans, je
savais ce qu’on en disait, la tolérance religieuse, tout le monde est canadien, tout le monde a sa chance, tout ça. Je craignais quand même que ce soit plus du marketing que la réalité.
On avait reparlé du voile, elle ne semblait toujours pas déterminée à le lâcher malgré ce que ça pouvait lui coûter en opportunités
professionnelles. On en avait discuté. J’avais compris qu’elle voulait prouver qu’on pouvait réussir en portant le voile, elle voulait devenir un role model, comme disent les Anglo-saxons. Je comprenais ce qu’elle essayait de faire, c’était évidemment noble, mais je lui avais quand même fait
promettre de rester ouverte d’esprit et de ne pas s’acharner.
En professionnelle de la communication que j’étais, je lui avais dit que moi, en termes de narrative, je rêvais de voir une fille comme elle devenir un leader dans la communauté business mondiale, la nouvelle Christine Lagarde, en disant “ça c’est
moi il y a 15 ans” (photo de la fille voilée), je n’ai pas changé, je suis toujours la même personne, je crois toujours aux mêmes choses, je suis qui je suis en partie grace à ce
voile, mais si je l’avais gardé, je ne serais pas là sur cette estrade pour vous parler aujourd’hui. Et je voudrais vous inviter à réfléchir à ça.” Franchement
ça claquerait. Je peux vous dire que ce jour-là, je serai au premier rang, les larmes aux yeux. J’avais d’ailleurs fait des jolis portraits de Noor avec son voile pour son CV et je me disais qu’ils
seraient du meilleur effet à Davos dans 15 ans... si Davos existait toujours d’ici là.
Alors, vous voyez, à la lumière de tout ça, ça me gonfle d’entendre tout ce qu’on entend ces jours-ci sur le voile en France. Ca me gonfle
de voir que même des gens intelligents comme Blanquer disent des trucs du style “le voile n’est pas souhaitable”. Ca me gonfle de voir que c’est le RN et CNews qui décident de quoi on parle en France.
Macron, j’ai voté pour lui, j’ai milité pour lui. Je trouve son bilan politique honorable, mais niveau communication, ca frole franchement la négligence. Si ça continue, je vais finir par
croire les gens qui disent qu’il roule pour ses copains millionnaires. Le voile, ca m’apparait de plus en plus clairement que c’est un contre-feu allumé par certains richissimes pour éviter
qu’on parle d’autre chose.
Noor, un jour, elle m’a dit que sans le voile, sans la religion, elle aurait mal viré. Ca m’a frappée qu’elle me dise ça, j’avais eu l’impression
qu’elle parlait d’elle-même comme d’une bête sauvage qui n’était restée dans les clous qu’au moyen de la discipline qu’était l’Islam. Mais je ne lui
en ai pas demandé davantage. Je pense que je sais ce qu’elle voulait dire. Au fil des ans, j’en avais croisé quelques uns des Musulmans qui ont peu voyagé et qui pensent qu’en Occident,
nous sommes des gens simplement mus par nos pulsions et nos envies. (Au Moyen-Orient aussi, le biais de confirmation tourne à plein régime par moment.) Pour eux, l’Islam, c’est la religion de la modération.
Je pense que si Noor connaissait les détails de ma propre jeunesse, elle dirait peut-être que pendant un temps, j’ai mal viré. Et elle se dirait surtout que si
elle n’avait pas eu la religion comme garde-fou, elle ne s’en serait pas sortie aussi bien que moi.
Le voile, parfois, c’est l’expression d’une discipline qu’on s’impose à soi-même. Pendant des années, on s’est plaint que ça
dealait dans les banlieues et maintenant, on se plaint que ça vire au salafisme. Mais la réalité, c’est qu’on ne réfléchit pas beaucoup publiquement à ces phénomènes.
A quoi ces phénomènes sont-ils une réponse ?
Bien sûr, je sais bien que toutes les musulmanes ne sont pas comme Noor. Bien sûr, je sais bien que je vis dans le Golfe et que là, on parle de la France. Mais la fréquentation
de Noor m’a appris beaucoup de choses sur le voile, des choses qui doivent s’appliquer aussi en France et dont on ne parle jamais.
D’abord, l’abaya et le voile, c’est hyper pratique et c’est aussi plutôt flatteur. C'est comme un uniforme. Le jour où Noor a démissionné,
libérée de la contrainte de se conformer aux standards de son environnement de travail, elle a immédiatement viré ses tenues de modest fashion et remis son abaya. Elle sait bien qu’avec ses
tenues de modest fashion, elle est souvent accoutrée comme une mémé mal fagotée. Si elle avait un physique de porte manteau, si elle était une sorte d’Ines de la Fressange orientale
sur qui tout tombe magnifiquement comme par magie, ca irait de vouloir tout recouvrir de tissu, mais Noor n’a pas cette morphologie-là. Cristina Cordula lui dirait qu’il faut qu’elle mette en valeur
sa poitrine. Bref, c’est compliqué.
Alors que dans une abaya, Noor me l’a dit, elle se sent comme une reine. Elle est belle, sure d’elle, conquérante. Elle peut porter un vieux jogging en dessous, avoir
les cheveux en bataille, l’abaya et le voile remettent tout à niveau, instantanément. Et globalement, ça revient moins cher que de s’habiller à l’occidentale, et c’est surtout
beaucoup moins compliqué. Pourquoi on ne le dit jamais, ça ?
Il y a autre chose qu’on ne dit pas. Noor n’a pas énormément voyagé mais il y a quelques mois, elle a eu l’opportunité d’aller passer
quelques jours aux Etats-Unis dans une ville que je connais parce que j’y ai vécu il y a longtemps. Je me réjouissais de ce voyage, à la fois pour elle, et pour l’opportunité que ça
allait nous donner d’échanger. Quand elle est revenue, elle m’a dit que ce qui l’avait frappée surtout, c’était la pauvreté, les gens qui dorment dans la rue, même
des gens jeunes. En Syrie, m’a-t-elle dit, avant la guerre, ça n’existait pas, personne ne dormait dans la rue.
Ca m’avait frappée cette remarque. Je lui avais expliqué qu’aux Etats-Unis, une partie des jeunes qui dorment dans la rue sont des gamins qui fuient des violences
familiales, des gamins, parfois des adultes qui ne font plus confiance à personne, des gens qu’il est parfois bien difficile de convaincre de venir dans des structures d’accueil, quand elles existent. Mais sur le fond, elle avait raison, c’était
choquant.
Les années ont passé depuis cette remarque. Je vois bien que je deviens de plus en plus une arabe. Je me rends compte que de plus en plus je regarde la France, avec bienveillance
certes, mais aussi avec le regard que les étrangers peuvent porter sur nous. L’été quand je rentre, il y a tout un tas de petites choses que j’observe et que je trouve au mieux exotiques.
Pendant que nous débattions du voile, une vieille femme est apparemment morte de faim dans son appartement dans le centre de Nimes. On avait retrouvé auprès d’elle
le corps de sa fille, morte plusieurs mois plus tôt. Quelques semaines avant de mourir, la vieille femme avait demandé un paquet de pates à une voisine et celle-ci avait refusé. Il me semble que
cette histoire en disait quand même long du pays que nous sommes en train de devenir.
La France, je vais être volontairement brutale, c’est un pays où toutes les nuits des gens dorment dans la rue, y compris dans notre belle et riche capitale, c’est
un pays où les agriculteurs acculés par les dettes se suicident, c’est un pays dans lequel il n’y a pas assez de personnel dans les maisons de retraite pour s’occuper correctement des personnes
agées, c’est un pays dans lequel on délègue la responsabilité de l’effort de solidarité à l’Etat, l’Etat n’a qu’à se débrouiller,
c’est un pays où malgré tout ça, on pense encore pouvoir donner des leçons au reste du monde.
Mon but en disant ça, ce n’est pas de jeter la pierre à qui que ce soit. Je ne sous-estime pas du tout la difficulté à résoudre ces problèmes.
Mais il faut admettre que si on regarde les choses de ce point de vue-là, on peut comprendre que quelqu’un qui a le choix entre deux cultures, ne fasse pas forcément le choix de vouloir s’associer
à ça. Il faut bien reconnaitre que si on regarde les choses d’un certain angle, avec notre occasionnelle condescendance et notre complexe de supériorité, on ne donne pas forcément toujours
très envie.
Surtout qu’en face, faut pas croire, y’a du répondant, y’a des valeurs, la solidarité, la famille. Il m’est arrivé durant mes années à
Dubai d’avoir des emmerdes et ça m’a quand même fascinée à quel point il semblait naturel pour mes amis musulmans de m’aider alors qu’en France, j’ai souvent l’impression
que la solidarité se meurt. L’histoire du voile, c’est aussi l’histoire de cette concurrence et du fait que certains ne croient plus à la promesse républicaine.
C’est peut-être à ça qu’il faut qu’on réflechisse collectivement.
1 ” C’est impossible qu’il eut été noir. Je n’ai pas de voile noir.”
2 ” Tu vas fumer des joints à Amsterdam ?”
3 “Si on obéit à toutes les règles, on passe à coté de tout le bon côté
de la vie.” (traduction imparfaite)

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